CARE-EDOMSERVICES est une Association  de services à la personne, loi 1901 à but non lucratif  avec la Déclaration n°SAP798056081 délivré par le Préfet des Yvelines. Le siège de l’association est situé à Sartrouville. 

La mission que s’est fixée l’association consiste en l’accompagnement et l’assistance dans les tâches du quotidien des personnes âgées ou handicapées, ainsi que des personnes malades ou en difficulté passagère, et de faire en sorte que leurs liens sociaux ne soient pas coupés par l’isolement, la maladie ou le grand âge. Les tâches des aides à domicile ne se réduisent pas à de simples activités de ménage, mais comportent une importante dimension relationnelle. 

 

L’Association intervient la journée avec un minimum de deux heures, la nuit, 24h sur 24, 7j/7 régulièrement ou ponctuellement en service prestataire et emploi direct entre particulier employeur et salarié.

 

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Crise des services à domicile

Deux fédérations de l'aide à domicile, Adessadomicile et UNA, ont soumis mardi 15 propositions aux candidats à l'élection présidentielle, estimant que les mesures qu'ils proposent pour la prise en charge des personnes fragiles ne sont "pas à la hauteur" des besoins.

 

L'offre d'accompagnement est inéquitable

 

Ces deux fédérations, qui rassemblent 1.000 associations et structures à but non lucratif, rappellent que l'offre d'accompagnement est "inéquitable" selon les territoires, et que les organismes intervenant auprès des personnes âgées et handicapées "font face à d'importantes difficultés financières".

"Pénibles et mal rémunérés" ("un tiers des salariés de la branche est payé au Smic"), les métiers ont une faible attractivité, ajoutent-ils dans un communiqué.

 

Le financement n'est pas au rendez-vous

 

Ces fédérations estiment qu'au niveau national, "le financement n'est pas au rendez-vous" et qu'"il manque entre 1 et 1,5 milliard d'euros" pour la prise en charge des personnes âgées et handicapées à domicile.

Par ailleurs, elles affirment qu'"au niveau départemental, les fonds fléchés à l'attention du service à domicile ne sont pas correctement reversés". Certains départements, en difficultés financières, consacrent selon elles ces sommes à d'autres dépenses sociales.

 

Certains encouragent par ailleurs les bénéficiaires de l'APA (aide personnalisée à l'autonomie) à employer directement leur auxiliaire de vie plutôt qu'à passer par une association, qui gère les formalités et est donc mieux adaptée à leur vulnérabilité.

 

15 mesures soumises aux candidats

Parmi les 15 mesures soumises aux candidats, Adessadomicile et l'UNA proposent que soit reconnu "un droit fondamental d'être aidé, accompagné, soigné à domicile", avec la mise en place d'un nouveau champ de protection sociale, un "cinquième risque" de la Sécurité sociale, garantissant "une équité d'accès aux services à domicile".

Elles préconisent également une refonte de la prestation de compensation du handicap (revalorisation et réforme des modalités d'accès), le développement d'une politique de prévention et de santé de proximité accessible à tous (y compris en zones rurales isolées), ou encore une revalorisation des salaires des salariés de la branche.


#Le temps de la « révolution grise »

 

 

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© Eric-Fotolia

Les premiers effets du « papy boomer » se feront sentir dès 2020. Les seniors auront de plus en plus envie de vivre pleinement leur vie, en restant à domicile, en voyageant, en se cultivant. Cette problématique a été au cœur des réflexions des 2es Assises du vieillissement qui se sont tenues à Marseille, les 7 et 8 mars. Les défis passent par l’aménagement des habitations pour favoriser le maintien à domicile, l’adaptation des transports pour faciliter les mobilités, ou l’adaptation de l’offre de loisirs. La silver économie sera-t-elle en mesure de répondre aux attentes ?

 

Cet article fait partie du dossier:

Loi vieillissement : une tentative d’adapter la société au grand âge

 

Les chiffres situent l’importance de l’enjeu : les plus de 85 ans sont aujourd’hui 1,4 million, ils seront 5 millions en 2060.

Plus de 1,2 million de personnes âgées dépendantes bénéficient actuellement de l’allocation personnelle d’autonomie (APA) ; elles seront 2,3 millions en 2060.

Notre société se « seniorise » et les 2es Assises du vieillissement, ont identifié les défis à relever face à ce « papy-boomer » dont les premiers signes se manifesteront dès 2020.

Une mutation économique, sociologique et philosophique

Maurice Rey, conseiller départemental des Bouches-du-Rhône en charge de la thématique (collectivité organisatrice de la manifestation), parle d’un véritable tsunami : « cette révolution n’est pas que quantitative. Elle est économique, sociologique et philosophique. Car les personnes qui ont eu 20 ans dans les années 1960 n’auront pas la même vie que celles qui vivent aujourd’hui dans les maisons de retraite », assure-t-il.

Pour Jean-Michel Caudron, consultant en ingénierie gérontologique, « l’allongement de la vie doit être perçu comme une opportunité pour la société et un défi à relever ensemble ».

Un sentiment partagé par les Français : selon le baromètre 2017 Autonomie de l’Ocirp (Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance), 67,4 % des Français sont favorables à la mise en place, entre 2017 et 2022, d’une réforme assurant un financement durable du risque de perte d’autonomie. De plus, 76 % d’entre eux souhaitent que le maintien à domicile devienne prioritaire.

Le diagnostic permanent des attentes des seniors

« On ne traite plus du vieillissement aujourd’hui comme on le faisait au début des années 2000. Nous devons faire le diagnostic permanent des attentes des seniors et leur apporter des réponses appropriées », assure Jean-Michel Rapinat, directeur délégué en charge des solidarités et des affaires sociales à l’Assemblée des départements de France (ADF).

Il rappelle au passage qu’à l’expertise des conseils départementaux, menacés de disparition à l’horizon 2020, devra se substituer « une nouvelle incarnation de ces politiques publiques de proximité. Si je crois aux vertus des nouvelles technologies ou encore de la domotique, je considère que la proximité du service public est irremplaçable ».

Plus personne ne se dit  »vieux » aujourd’hui

Un constat partagé par Catherine Marcadier-Saflix, directrice générale de France Silver Eco. « Plus personne ne se dit  »vieux » aujourd’hui. L’âge moyen de survenue de la dépendance est de 83 ans. L’espérance qualitative de vie s’allonge ».

Et de citer les défis à relever autour de cette « révolution grise » qui monte. « Prenons le maintien à domicile, il passe impérativement par l’aménagement de la maison. Mais pas quand la dépendance survient, il faut que ce soit fait en amont, quand la personne est valide. Et si la personne n’est pas propriétaire ? Comment le marché locatif intègre-t-il cette donne ?

Même chose pour les mobilités. Pour rompre l’isolement des personnes âgées, il faut que les transports en commun offrent des services plus personnalisés. Enfin, le secteur du tourisme doit aussi se réformer et il dispose d’une marge de manœuvre énorme : beaucoup de personnes âgées très actives aimeraient pouvoir partir en centres de vacances mais ces derniers n’offrent que très peu d’animations hors-saison. Donc, elles renoncent. C’est à la Silver économie de répondre aux attentes, tant sur le plan sanitaire que sur celui du loisir », conclut-elle.

 

Sommaire du dossier


#Quelles logiques de solidarité pour une prise en charge équitable et efficace ?

 
 

dépendance-UNE

Pascal Gros

5e risque, APA renforcée ou assurance privée et patrimoine ? La loi Vieillissement n’a pas traité du financement de la dépendance, en établissement ou à domicile. L’action publique doit être repensée pour s’adapter au nouveau visage de la société. L’efficience du système doit rétablir l’équité sociale et territoriale. Un rapport du CAE dresse un état des lieux et des 

 

Cet article fait partie du dossier:

Loi vieillissement : une tentative d’adapter la société au grand âge

 

«Réformer la dépendance pour accompagner la perte d’autonomie ». La promesse de François Hollande en 2012 de créer une 5e branche de sécurité sociale et une « contribution spéciale » s’appliquant à tous les Français faisait suite au débat national sur la prise en charge de la dépendance qui avait annoncé la mise en péril de l’équilibre financier du pays par l’augmentation du nombre des personnes dépendantes de plus de 60 ans : un triplement du nombre des plus de 85 ans d’ici 2050, conséquence du boom de la natalité après-guerre – même si un dixième seulement d’une classe d’âge le devient.

Il avait été aussi question d’une taxe sur les successions/donations, de la hausse de la CSG ou des cotisations sociales, de la mobilisation du patrimoine des particuliers ou d’une nouvelle Journée de solidarité.

Le sujet a largement occupé gouvernement et parlementaires pendant le quinquennat, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. La concrétisation de l’engagement – la loi d’adaptation de la société au vieillissement (LASV) et ses 700 millions d’euros – a débouché sur la double impasse du financement de la perte d’autonomie et du prix à payer par les ménages.

De l’aveu même – d’impuissance – de Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, le reste à charge en établissement ne peut être diminué qu’en trouvant 1,5 milliard d’euros par an : « tant que l’État n’a pas retrouvé de marges de manœuvre budgétaires, cela semble difficile ».

Financement de la dépendance : arbitrages nécessaires

Une note d’analyse du Conseil d’analyse économique (CAE) du 13 octobre 2016, rédigée par Antoine Bozio, Agnès Gramain et Cécile Martin, « Quelles politiques publiques pour la dépendance ? » revient sur les pistes « insuffisamment explorées au cours du débat de la LASV ».

Le contexte des élections présidentielles 2017 est propice. Le thème est traité mezzo voce par les différents candidats malgré une préoccupation forte parmi la population : plus des trois quarts des Français y voient un sujet important (78,6 %) quand une large majorité (84,2 %) attend une réforme assurant un financement pérenne (baromètre Ocirp, France Info et Le Monde, 2016).

Les fédérations professionnelles ont sauté sur l’occasion. La Fnadepa se félicite « des pistes intéressantes » abordées par la note. L’AD-PA appelle aux « arbitrages nécessaires [tant] à une réelle diminution du prix payé par les personnes âgées et leurs familles en établissements [qu’à la création] d’un fonds d’aide à domicile » garantissant l’adéquation entre financement et coûts de fonctionnement des services.

Pour la Fédération hospitalière de France, c’est l’ouverture du champ de la protection sociale qui permet l’adéquation entre le besoin et la réponse apportée.

« Le débat assurance/sécurité sociale est dépassé » – Claudy Jarry, président de la Fnadepa

Avant de savoir qui paie la note – et ce sont toujours les Français –, il faut identifier les besoins, inventer un modèle d’accompagnement de la personne âgée, moins consommateur et plus digne, et y associer un modèle économique soutenable. Le débat assurance/sécurité sociale est dépassé. La réponse aux besoins de la personne âgée en perte d’autonomie doit être identique partout sur le territoire. Il est donc nécessaire d’avoir une politique nationale, un panier de services et des minima garantis, que ce soit via l’assurance ou la solidarité nationale. L’impératif de justice sociale oblige à recycler les moyens disponibles, notamment les aides sociales et fiscales, et, sans doute, à compléter par la solidarité et la démarche privée assurantielle. Pour penser demain, les modèles doivent être revus globalement. La question de la qualité est à poser sans tabou, le panel des solutions doit être élargi, et les Ehpad doivent recevoir les moyens pour prendre en charge la forte dépendance.

Prise en charge de la dépendance

La dépendance concerne entre 1,24 million de personnes âgées dans son approche administrative et 7 millions selon la mesure épidémiologique des limitations fonctionnelles. Sa prise en charge comporte deux enjeux. Le premier vise son amélioration qualitative.

Actuellement organisée à domicile, en établissement médicalisé ou en résidence à services intégrés, l’intervention auprès des personnes âgées dépendantes relève de trois logiques de solidarité, sous l’égide de trois types d’acteurs, pour trois types d’intervention et de dépense : une solidarité universelle et indépendante du revenu pour les soins, gérée par les agences régionales de santé et financée par la branche maladie de la Sécurité sociale ; une solidarité universelle mais décroissante en fonction du revenu pour les activités liées à l’état de dépendance sous couvert des conseils départementaux et de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie ; une solidarité sous condition de ressource, subsidiaire à l’obligation alimentaire et récupérable sur succession pour l’hébergement sous la responsabilité du département.

Or, selon les auteurs, le défaut d’articulation entre ces trois logiques, censées garantir le libre choix de la personne âgée dépendante, « altère l’efficacité et l’équité du système », faute de mutualisation du surcoût en dépense d’hébergement pour les personnes non éligibles à l’aide sociale à l’hébergement (ASH) et en raison d’un taux de non-recours important à cette aide sociale.

La couverture publique actuelle ne garantirait pas le choix de prise en charge le plus efficient, en raison d’un différentiel d’aide publique entre domicile et établissement, qui varie selon le revenu et l’entourage familial. Elle n’inciterait pas non plus à modifier l’hébergement en fonction des besoins.

Un point de PIB

Le second enjeu est financier. Le coût de la dépendance est évalué assez précisément. En 2014, la part publique tourne autour de 23,6 milliards d’euros, « un peu plus d’un point de PIB », précisent les auteurs. Le coût des soins (12,2 milliards d’euros) est financé par l’assurance maladie.

L’aide formelle pour les activités de la vie quotidienne (8,1 milliards d’euros) est couverte par l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à hauteur de 5,5 milliards d’euros, les exonérations de cotisations et les réductions d’impôts pour 1 milliard d’euros.

Les dépenses d’hébergement s’élèvent à 3,3 milliards d’euros, dont 1,2 milliard d’euros sont investis par les départements au titre de l’ASH. Le chiffre des dépenses privées montre le rôle clé des familles et leur investissement : les ménages consacrent entre 17,7 et 21,7 milliards d’euros à la dépendance, dont plus de la moitié correspond aux interventions des aidants informels et un peu moins d’un tiers aux dépenses d’hébergement.

D’ici à 2040, il faudra absorber l’augmentation de la dépense publique, entre 0,4 et 0,7 point de PIB selon le rapport ­Fragonard de 2011. Rien qui ne nécessite, selon Claude Le Pen, professeur de Sciences économiques à l’université Paris-Dauphine, de bouleverser le système dont la mixité, qui engendre un peu de complexité, offre néanmoins une certaine souplesse.

« Il faut surtout clarifier les critères d’accès aux aides et augmenter l’APA », estime-t-il. En clair, éviter que le reste à charge empêche la meilleure prise en charge possible de la personne dépendante.

« L’universalisme n’est peut-être pas pertinent » – Claude Le Pen, professeur de Sciences économiques à l’université Paris Dauphine

Présentée comme une urgence, la dépendance est pourtant complètement sortie de l’agenda politique. Une des raisons est son impact économique limité : à dispositifs constants, les projections montrent qu’aucune catastrophe ne guette. Un demi-point de PIB représente 4 milliards d’euros. Il s’agit pourtant d’un problème humain, lourd à gérer pour les familles. Il faut trouver les modalités pratiques de la participation au coût de la dépendance, pour laquelle l’universalisme n’est peut-être pas pertinent. Il n’est pas illogique de demander à la personne âgée de financer une partie de sa dépendance au regard de la théorie économique du cycle de vie. Les questions d’héritage sont à désacraliser. La prise en charge doit être adaptée et individualisée. En cas de dépendance associée à un handicap financier, le modèle doit répondre par des prestations sous conditions de revenus ou récupérables sur succession.

Favoriser l’efficience

Pour « assurer une couverture efficace et équitable du risque dépendance », les auteurs de la note du 13 octobre 2016 proposent d’en « repenser le financement » et formulent deux options. La première conserve l’architecture du système actuel en articulant différemment les trois logiques de solidarité pour « favoriser un choix plus efficient » de la prise en charge, « sans peser sur les budgets publics ».

Il s’agirait de financer sur les deniers publics le mode de prise en charge le moins onéreux et le mieux adapté au niveau de dépendance de la personne, tel que prescrit par une équipe d’évaluateurs. Libre à chacun de s’en écarter en supportant l’éventuel surcoût. Appliquée à domicile, cette solution nécessite de valoriser l’aide informelle, pour permettre une comparaison objective des surcoûts liés à la dépendance.

Elle s’accompagnerait en outre de la suppression de l’ASH, fondue dans une APA-étendue couvrant l’ensemble des dépenses de dépendances autres que les soins, y compris le surcoût d’hébergement. Le reste à charge comprendrait un montant fixe de dépenses d’hébergement et une part, croissante avec le revenu, du surcoût lié à la dépendance.

Si cette mesure présente l’avantage, selon les auteurs, de supprimer le recours contre les obligés alimentaires, de réduire les inégalités territoriales et d’assurer une plus grande neutralité de la puissance publique face au choix de prise en charge des personnes, l’impact sur le budget public est à préciser.

Constatant que le patrimoine immobilier des personnes dépendantes est très peu monétisé pour financer les restes à charge, ou adapter les logements privés, la troisième recommandation de cette option vise l’instauration d’un « prêt dépendance accessible en cas de dépendance forte et certifiée » pour en faciliter la mobilisation.

Assurance mutualisée

Alors que le recours actuel à l’assurance privée est coûteux, sans réelle couverture du risque et reste limité, avec moins de 15 % de la population couverte, les auteurs proposent, dans une seconde option plus radicale, une couverture assurantielle mutualisée, financée par les budgets aujourd’hui affectés à l’APA.

Notant que les cas de dépendance lourde (GIR 1 à 3) sont peu fréquents et peu durables mais qu’ils produisent un reste à charge élevé, ils suggèrent de mettre en place un dispositif à deux étages : d’une part, une prise en charge publique, sous conditions de ressources, des situations de dépendance modérée (GIR 4) ; d’autre part, une assurance mutualisée et obligatoire pour le risque de dépendance lourde, couvrant l’ensemble de la population.

Cette assurance pourrait être, soit créée sous forme d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale, un 5e risque, soit confiée aux assureurs privés, en concurrence régulée, proposant une police définie par les pouvoirs publics. Les ménages à faibles ressources resteraient ainsi couverts par une garantie publique pour tous les cas de dépendance, les autres n’étant garantis que pour les risques les plus élevés.

Le second volet de la LASV ?

L’arbitrage entre les logiques de solidarité nationale, de marché ou de contributions privées est éminemment politique. L’efficience du système de financement doit aussi rétablir l’équité sociale et territoriale.

Outre la « véritable prestation autonomie » réclamée par l’AD-PA, la prise en charge de la dépendance passe aussi par les questions du financement des établissements, des ratios d’encadrement et de l’accompagnement, de la régulation et de la diversification de l’offre, notamment intermédiaire, et de la maîtrise du reste à charge des usagers.

Une certaine rénovation de l’aide sociale. Qui aura le courage de s’engager sur cette voie et de faire voter le second volet de la LASV ? u Nathalie Levray

Une politique vieillesse doit répondre à un projet de société commun

Les politiques vieillesse ont souvent été ségrégatives, aboutissant à un enfermement des personnes âgées dépendantes. L’enjeu est de déterminer le bon équilibre entre l’aide publique et l’aide familiale. De nombreuses propositions s’appuient sur le postulat de la réduction des coûts. Cette approche purement financière est restrictive. Elle oublie l’intérêt à considérer la question sous l’angle de l’humain. La construction d’une politique vieillesse doit répondre à un projet de société commun et, le rapport Fragonard le soulignait déjà, « à la conception philosophique que l’on se fait de la solidarité nationale, de la place de la famille, et du rôle de la puissance publique ».


Chiffres Clés

  • 45 milliards, c’est le coût total de la prise en charge de la dépendance : soins, aide formelle pour les activités du quotidien et hébergement ainsi que les surcoûts en soins et hébergement, et le coût économique de l’aide informelle.


Aides sociales : un simulateur en ligne pour calculer ses droits

 

Capture d'écran du site mes-aides.gouv.fr

Le simulateur pour calculer de façon simple et anonyme le montant des prestations sociales auxquelles on peut prétendre a été lancé dans une version modernisée jeudi.

Revenu de solidarité active (RSA), prime d'activité, couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), allocation logement, allocation de solidarité aux personnes âgées... Il est parfois difficile de savoir à quoi on a droit dans la forêt des prestations sociales.

 

Sur mes-aides.gouv.fr, un simulateur, disponible en version test depuis novembre 2014 mais aujourd'hui amélioré, propose de donner en sept minutes chrono une estimation du montant des prestations, nationales comme locales, auxquelles chacun est éligible. Le site doit également faciliter les démarches administratives auprès des administrations.

 

L'objectif affiché : lutter contre le non-recours aux droits. Près de 35% des personnes éligibles au RSA socle n'y auraient par exemple pas recours, d'après le ministère des Affaires sociales. Selon un rapport parlementaire sur l'accès aux droits sociaux publié en octobre, l'Allocation de solidarité pour les personnes âgées (Aspa, ex-minimum vieillesse) est l'une des prestations les plus touchées par le non-recours, et moins de la moitié (de 30% à 43% selon la Drees) des personnes qui auraient droit à l'aide pour une complémentaire santé (ACS) la demandent.

 

«Simplement et anonymement, on peut simuler pour soi, pour quelqu'un d'autre, et évaluer l'impact d'un changement de vie, comme une perte d'emploi ou un divorce, sur ses droits», a expliqué la secrétaire d'État chargée de la lutte contre l'exclusion, Ségolène Neuville, dans un centre d'action sociale parisien.

 

Pour le faire connaître, le gouvernement a lancé une campagne d'information nationale et son logo apparaîtra désormais sur les sites des organismes de protection sociale, des collectivités et des associations de solidarité.

 

Le simulateur attire déjà environ 12 000 personnes par jour, a souligné Matti Schneider, son responsable. Cet outil permet aussi de s'approprier «la langue française», a-t-il relevé : la Croix-Rouge l'utilise notamment pour ses cours de français, appuyant ainsi les personnes qu'elle suit dans leurs demandes d'aides.

  Leparisien.fr avec AFP

Le marché des seniors : état des lieux !

 

Les seniors représentent aujourd’hui 22 millions de personnes en France. Cette catégorie de population, âgée de 50 à 75 ans et plus, pèse de tout son poids dans l’économie. Des loisirs à la consommation, en passant par l’immobilier, la santé ou l’emploi, le marché des seniors est incontournable pour toutes les entreprises ou institutions désireuses de se développer et de trouver un marché porteur. Cependant, les seniors ne représentent pas une population homogène, ils regroupent à eux-seuls trois générations. Â chaque segment d’âge, sa façon de vivre et de consommer.

Jeune retraité

Les 50-64 ans : les seniors les plus aisés

Parmi les 22 millions de seniors, 12 millions ont entre 50 et 64 ans. La moitié d’entre eux sont en emploi, les autres arrivent à la retraite. Cette génération, les enfants du « baby-boom », ont vécu pendant la période de forte croissance des « Trente Glorieuses » et ont bénéficié de la démocratisation de l’éducation. Ils ont occupé des emplois avec des salaires plus élevés que les générations précédentes et n’ont pas ou peu connu le chômage. Pour ces seniors retraités, les pensions sont aussi plus confortables financièrement.

De ce fait, les personnes âgées de 50 à 64 ans sont les plus aisées des seniors : en 2013, le niveau de vie moyen mensuel des 50-59 ans était de 2 193 euros, celui des 60-69 ans de 2 276 euros selon l’Observatoire des inégalités. Ces seniors sont aussi ceux qui dépensent le plus pour satisfaire leurs besoins et envies. Ce sont des consommateurs qui privilégient la qualité des produits et des services, les marques de renom en matière de nourriture, d’habillement, d’ameublement, etc. De plus, leurs revenus plus élevés que le reste de la population leur permettent également de dépenser pour leurs proches, leurs enfants ou leurs parents.

Les 65-75 ans : le temps des nouveaux centres d’intérêt

Cette catégorie de seniors (ils sont 5 millions) représente les nouveaux retraités. Ils perçoivent en règle générale des pensions confortables, ils n’ont plus d’enfants à charge, ils n’ont plus d’emprunts à payer pour ceux d’entre eux propriétaires, et ils héritent de leurs parents pour certains. En plus de revenus confortables, grâce à l’allongement de l’espérance de vie et la qualité des soins de santé, les seniors de 65 à 75 ans sont le plus souvent en bonne forme. Ils profitent alors de ces atouts pour découvrir ou redécouvrir l’univers des loisirs, et notamment des voyages. A cet âge, les seniors sont disponibles pour s’occuper de leurs petits-enfants à qui ils font profiter de nombreuses activités de loisirs et de vacances dont ils prennent en charge le coût financier.

Ces seniors sont avides d’activités en tout genre et tiennent à rester actifs pour la société. C’est à cet âge qu’ils s’investissent le plus dans les instances locales représentatives, les associations, les cours de soutien scolaire par exemple. Une partie d’entre eux retournent aussi sur le marché du travail en créant leur propre activité en tant qu’auto entrepreneur pour une grande majorité d’entre eux.

Les plus de 75 ans : davantage de dépenses de proximité et pour leur confort

Les seniors de 75 ans et plus, contrairement aux autres seniors, doivent plus souvent composer leur vie en fonction de leur santé. Ces 5 millions de personnes, dont une grande majorité de femmes seules et plus d’1 million de personnes dépendantes, se tournent plus facilement vers des services et une économie de proximité comme les petits commerces, les entreprises d’aide à la personne, etc. Cette catégorie de seniors est aussi plus souvent concernée par la question du logement : les plus de 75 ans doivent prévoir d’adapter leur logement, de faire appel à des aides à domicile ou encore trouver une maison de retraite pour y vivre. 



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