France Stratégie et la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) ont étudié les perspectives d’embauches par métier sur la période 2012-2022. En s’appuyant sur trois scénarios possibles, en fonction de la conjoncture économique (croissance entre 1 et 2 % et taux de chômage autour de 8 %), ils estiment que l’économie française pourrait créer entre 115 000 à 212 000 emplois par an d’ici 2022. Avec les départs en retraite, entre 735 000 et 830 000 postes seraient à pourvoir par an.

Quels secteurs recrutent ?

C’est le secteur des services liés à la santé, à l’action sociale, à l’éducation et aux activités récréatives, culturelles et sportives qui va créer le plus d’emplois : 766 000 entre 2012 et 2022.

 

Dans le top 3, on retrouve les métiers d’aide à domicile, d’aide-soignant et d’infirmier. La progression de ces services s’explique par le vieillissement de la population, mais aussi par l’augmentation du nombre de femmes qui travaillent. Pour cette dernière raison, 172 000 postes d’assistantes maternelles seront à pourvoir d’ici 2022.

 

(Infographie : Ouest-France)

 

Les métiers qualifiés seront également les plus gros créateurs d’emplois, notamment les métiers de cadres, que ce soit en banque, assurance, fonction publique, commerce, en industrie ou en en recherche.

Dans le bâtiment, l’embauche sera liée aux nouvelles normes environnementales et sera moins importante que dans les décennies précédentes.

Dans le secteur des services marchands, ce sont les services externalisés comme les activités de conseil, de recherche et développement, d’appui scientifique et technique qui vont créer des emplois.

Le secteur du commerce sera favorisé par l’élargissement des horaires d’ouverture, la hausse de la qualité des prestations et les préférences des consommateurs pour les commerces de proximité.

Dans la distribution et l’hôtellerie-restauration, on embauche aussi mais pour des postes moins qualifiés : près de 420 000 emplois seront créés en dix ans.

 

172 000 postes d’assistantes maternelles seront à pourvoir d’ici 2022. (Photo : Jérôme Fouquet/Ouest-France)

 

Quels secteurs détruisent des emplois ?

L’industrie ne se porte pas bien depuis plus de dix ans. La destruction d’emplois va ralentir mais seules les industries de haute technologie (aéronautique, pharmacie) ou celles relativement à l’abri de la concurrence internationale, comme l’agroalimentaire, vont embaucher.

Des emplois vont surtout disparaître dans l’agriculture, comme dans les services centraux de l’administration d’État ou territoriale, avec plus de 13 000 destructions nettes d’emplois par an.

 

Les métiers d’aide à domicile, d’aide-soignant et d’infirmier recruteront le plus d’ici 2022. (Photo : Fotolia)

 

Des postes libérés par les départs en retraite

Sur les 800 000 postes à pourvoir par an jusqu’à 2022, 620 000 sont des départs à la retraite, soit plus de 80 % ! Les 20 % qui restent sont des créations de postes.

Certains métiers auront donc de nombreux postes à pourvoir du fait de départs en retraite massifs, c’est le cas pour les métiers d’agent d’entretien ou d’employé de maison (la moitié des employés de maison a plus de 51 ans).

De plus en plus de femmes

En 2022, les femmes pourraient former 49,1 % de la population active, contre 47,7 % en 2012, en progression ininterrompue depuis 1975.

« Cette progression résulterait de l’accroissement de leur part dans les métiers les plus qualifiés, indique le rapport. Alors que la faible mixité professionnelle se concentre en bas de la hiérarchie professionnelle, les hommes et les femmes les plus diplômés occuperaient de plus en plus les mêmes emplois. »

 

Les femmes travaillent de plus en plus, notamment dans les métiers les plus qualifiés. (Photo : Fotolia)

 

Les jeunes diplômés avantagés

L’emploi des jeunes dépendra de la conjoncture économique. Dans tous les cas, qu’elle soit bonne ou mauvaise, les jeunes diplômés du supérieur seront favorisés dans l’embauche. Quant aux seniors actifs, dont le nombre augmentera de plus de 1,5 million par rapport à 2012, les enjeux sont différents en fonction des métiers.

Par exemple, les reconversions professionnelles concerneront surtout les salariés de métiers fragilisés comme ceux de l’industrie. L’étude pousse à envisager l’emploi de seniors dans des métiers où ils sont peu présents, l’hôtellerie et la vente.